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« Une librairie lyonnaise invente le livre numérique « libre » ! »

mars 09

Journal des newsC’est sous ces termes très alléchants que le Nouvel Observateur d’hier relatait ce qu’il annonçait comme une grande avancée dans l’ère du numérique. Je suis donc bien vite allée lire le billet. Déjà, je m’y suis reprise à plusieurs fois. L’article un peu obscur, ou moi totalement à l’ouest, m’a quelque peu laissée perplexe.

D’après ce que j’en ai traduit, le gérant de la librairie lyonnaise Décitre, sous prétexte de faire face aux géants de la librairie numérique, vient de mettre en place une solution alternative aux formats exclusifs de ces mêmes libraires. Il a ainsi conçu une application permettant de aux lecteurs / clients de lire des livres numériques achetés auprès de sa plateforme de vente. EBooks dont les droits numériques auraient été cédés à cette même plateforme par les éditeurs d’origine. La « solution » proposée est composée de deux volets : la plateforme de vente et une application de lecture. L’ensemble porte le nom de TEA – The Ebook Alternative -. La plateforme de vente est une solution logicielle OpenSource. Pour l’application de lecture, c’est un peu plus mystérieux. S’il est vrai qu’il n’est écrit nulle part que cette application serait elle aussi libre et OpenSource, il est peut être présomptueux de croire qu’elle ne le sera pas. Mais le fait qu’elle ne soit pas disponible immédiatement pour tous les systèmes, et qu’elle ne le sera que progressivement et seulement sur certains, peut laisser entendre le contraire. Il n’est pas fait mention de la Kindle par exemple.

Côté eBooks, les éditeurs fourniraient donc à TEA les droits de leurs livres numériques, au lieu de les vendre eux-mêmes. TEA les « convertirait » donc en un format unique, peu importe leur format d’origine, lisible sur son application. À moins que le format .epub déjà largement répandu soit celui choisi pour la distribution. La différence avec le système actuel, c’est que moyennant une redevance, les librairies indépendantes pourront s’approprier et personnaliser cette plateforme de vente. La distribution grand public du livre numérique devient ainsi accessible aux petites librairies, leur permettant de grignoter quelques parts de marché sur les librairies virtuelles. En soi, on peut considérer que c’est un progrès. Ceci remettrait en effet les librairies indépendantes dans la course.

Mais… pour acquérir la possibilité de se servir de cette plateforme, chacun de ces libraires devra s’acquérir d’une redevance, de 5 à 10%. Personnellement, je vois déjà poindre une contradiction avec la mise en avant de l’affichage OpenSource de la plateforme, si l’utiliser est payant.

Quant au client… cette fameuse redevance va forcément être prise dans sa poche. Voilà qui va forcément s’ajouter au prix de l’eBook, déjà décrié par la communauté de lecteurs numériques.

Alors, franchement, où est le gain pour le lecteur ? Un prix du livre au moins 5% plus cher et une application de lecteur disponible uniquement sur certains systèmes. Alors que les applications de lecture des grandes librairies sont gratuites et disponibles à chacun en ligne. Certes, pas OpenSource. Mais gratuites et disponibles. N’importe qui, aujourd’hui, peut déjà lire un eBook sans être obligé d’acheter une liseuse. Et la question du format du livre reste posée.

Peut-être n’ai-je pas tout compris de l’article du Nouvel Obs’.
Je l’espère même.

Pour vous faire votre propre opinion : Une librairie lyonnaise invente le livre numérique « libre » !

 

Posted by on 9 mars 2012 in Nouvelles

2 Comments

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2 responses to “« Une librairie lyonnaise invente le livre numérique « libre » ! »

  1. antistress

    11 mars 2012 at 16 h 42 min

    Je pense que tu devrais te renseigner sur la dime prélevée par Amazon et Apple et comparer…

     
  2. Enge

    11 mars 2012 at 16 h 48 min

    Bonjour,
    Oui, car j’aime bien les bonjours quand on arrive chez quelqu’un ^^. Je ne sais pas, ça ouvre une certaine courtoisie.
    Je n’ai jamais dit que je n’étais pas d’accord avec l’initiative. J’ai fait part de mon pessimisme. Je crois que cela reste une liberté ici non ?
    Cordialement,
    Enge

     

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